Si dans la vie, les gens parlent de manière grandiloquente, avec un vocabulaire compliqué, plein d’emphase, Nicolas Froissard a choisi lui de faire simple et de parler d’un monde plus chouette pour rendre la vie plus facile. À l’opposé de ce qui se passe, pour montrer qu’on vivrait tous mieux s’il y avait plus de solidarité, plus de respect entre les hommes et pour l’environnement, parce qu’il pense que nous avons tous besoin de cela en ce moment.
V.S. : Il semblerait que vos passions et vos intérêts soient toujours tournés vers les autres, pourquoi ?
NF : Pour se sentir bien dans ses baskets tout simplement. En fait, je pense que l’être humain a besoin de se sentir appartenir à un groupe et d’être utile aux autres. Les egos sont bien là aujourd’hui et plus on monte dans la pyramide et plus ces egos sont surdimensionnés. Même si on a besoin de se réaliser individuellement, on va un peu mieux quand on est utile aux autres.
Dans son lexique, on trouve des mots comme aider, soutenir, voir ou écouter, mais est-ce inné ou a-t-il dû apprendre lui aussi à savoir regarder les autres ? Il a appris, dit-il, en particulier dans les environnements associatifs où il croise tous les jours des personnes engagées, professionnellement ou bénévolement. Rien à voir avec ceux qu’on voit à la télévision, même si ça existe, des êtres qui détruisent, qui sont nocifs pour d’autres, mais il y a aussi ceux qui font des choses incroyables pour lutter contre la précarité ou s’occuper des enfants victimes de maltraitances.
VS : Il y a ceux qui donnent leur sang, ceux qui parrainent des jeunes en difficulté, ils sont aussi très nombreux à s’engager ?
NF : Oui, ce monde plus chouette, il existe déjà, mais malheureusement il n’est pas toujours connu ni reconnu et moi j’ai décidé de travailler avec des organisations qui ont des impacts positifs sur la société. Je les appelle les héros du quotidien pour qu’ils puissent parler aux gens. On a tous besoin d’entendre des histoires, celles de ceux qui se sont dit un jour je vais faire différemment de ce que je vois autour de moi, pour qu’il y ait moins de souffrance et plus de solidarité. Pour résister à la tendance à l’égoïsme, à l’individualisme, au nombrilisme, au chacun pour soi !
Mais les héros n’aiment pas trop dire ce qu’ils font et pourtant, il faut en parler pour ne pas être confronté qu’à ceux qui agissent uniquement dans leur propre intérêt. Donner envie, ce serait un premier pas vers un changement d’attitude. Par exemple, le Docteur Céline Gréco qui a été victime de violences enfant dans le cadre familial, qui a été placée par l’Aide sociale à l’enfance, qui s’en est sortie et qui aujourd’hui a une vie incroyable parce qu’elle est médecin, professeur à Necker et référente de la lutte contre la douleur, elle a créé une association qui s’occupe des enfants placés à cause de maltraitances, pour les accompagner vers plus de culture, une insertion scolaire et professionnelle. Et leur apporter les soins dont ils ont besoin car ces enfants-là ont 20 ans d’espérance de vie en moins. Céline le reconnaît, un jour elle aussi a été aidée, soutenue, on a beau être un héros du quotidien, on n’est jamais vraiment seul et ces aventures sont souvent collectives !
VS : Et aujourd’hui ?
NF : Beaucoup de jeunes sont aujourd’hui concernés, car il sont souvent des aidants de personnes malades ou en situation de handicap et ils sont touchés par les questions d’urgence climatique. Je dirige aujourd’hui une association d’insertion qui gère des chantiers d’insertion et qui accompagne sur les métiers de la transition écologique urbaine et pour ceux qui cherchent un emploi.
Mais le secteur associatif souffre aujourd’hui comme SOS, la Croix-Rouge, l’Association des paralysés de France ou Emmaüs, il y a beaucoup de façons de changer le monde et j’essaie d’incarner à ma façon cette tendance, on peut faire carrière dans ces actions et trouver du plaisir dans l’engagement pour l’intérêt général.
Mais pour ceux qui s’investissent dans des projets lourds, il faut aussi trouver une porte de sortie… Pour prendre un peu de ce recul nécessaire, Nicolas a monté un groupe de musiciens qui va se produire pour la première fois en public le 21 juin pour la Fête de la musique. Et ces héros du quotidien vont devenir les héros d’un livre et d’un podcast très prochainement pour donner encore plus envie de s’engager à son tour !

Écrit par Vicky Sommet
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