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Photographe, journaliste, cascadeur, comédien, conseiller historique sur des films, metteur en scène de spectacles vivants, concepteur d’évènements, aujourd’hui écrivain, sculpteur et j’en oublie, je vous conte ici le fabuleux destin de Jean-François Demange que je suis venue rencontrer dans sa maison nichée au Pays basque intérieur, une véritable grotte aux trésors !

Sa devise : « J’ai toujours envie d’apprendre, de découvrir, de m’éclater. »

Photographe

Petit-fils et fils de photographes professionnels à Colombes en région parisienne, Jean-François se forme tout naturellement au métier avec eux. Dès l’âge de 16 ans, on l’envoie seul couvrir des mariages et autres évènements. Passionné en parallèle d’histoire et de littérature, amoureux de la langue française, mais aussi cavalier émérite fou de western (il participe à des petits spectacles à cheval par ci par là), Jean-François rencontre un jour dans les bureaux de la MGM le rédacteur en chef de la revue Western. Sur la recommandation de son ami Jacques Bonvin qu’il était venu voir, il se fait embaucher comme responsable des rubriques western et histoire de la revue. Il acquiert une certaine notoriété dans le milieu.

Conseiller historique et comédien

Notre photographe journaliste s’arrête souvent aux écuries Début de Roseville, loueurs de chevaux et d’attelages pour le cinéma. Un jour, il y croise Marco Ferreri qui lui propose, au vu de ses connaissances historiques en matière de western, de devenir conseiller historique sur son film « Touche pas à la femme blanche », western loufoque tourné en 1974 dans le trou des Halles. Il y croisera  Marcello Mastroianni, Catherine Deneuve, Michel Piccoli, Philippe Noiret, Serge Reggiani, Ugo Tognazzi, Darry Cowl, un casting de rêve. Un matin, il monte à cheval pour se réchauffer, le réalisateur l’aperçoit et lui demande de doubler Marcello Mastroianni qui avait une scène qu’il ne sentait pas à cheval. Convaincu par sa prestation, il lui confie bientôt un rôle d’officier qui connait une mort violente en selle et c’est ainsi, de fil en aiguille, que Jean-François devient cascadeur.

Cascadeur au Lido

Pour se faire payer sa prestation à cheval, on envoie Jean-François au Lido où travaille André Cagnard chargé des cascades du film de Ferreri. Ce dernier va le former à l’escrime et le mettre en selle au Lido. C’est ainsi que notre talentueux touche-à-tout va devenir cascadeur pendant 10 ans, spécialisé dans les films de cape et d’épée. On peut le voir au générique d’une trentaine de films dont L’homme au masque de fer, La fille de d’Artagnan, La reine Margot, Cartouche.

« Les cascadeurs sont des gens qui font les choses sérieusement, tout en s’interdisant de se prendre au sérieux. Enfin, pas tous… On nous appelait officiellement des comédiens d’action ou des techniciens du risque. En aucun cas nous étions des têtes brûlées, juste des bons vivants, on côtoyait des gens connus¹ avec qui on allait au resto, on était très bien payé, prêts à travailler et se donner à fond 365 jours par an.»

©JF Demange

Concepteur de spectacles vivants

Puis Jean-François tombe amoureux, il se marie et décide avec sa femme rencontrée au Lido de quitter le monde de la nuit. Ils partent vivre en province dans une maison avec  leurs chevaux. D’abord près de Saint Fargeau où se monte le premier spectacle vivant auquel Jean-François va participer avec ses chevaux. C’est aussi à ce moment-là qu’il commence à travailler dans l’évènementiel et  concevoir et régler des évènements spéciaux. Sa mémoire recèle de projets qu’il a réalisés, plus fous les uns que les autres.

« À l’époque, les budgets étaient démentiels. Un moment incroyable de ma vie fut d’avoir l’honneur d’engager Monsieur Stéphane Grappelli pour une soirée privée à Èze Village, c’était  quelques mois avant sa mort.  Il m’en reste un petit violon à l’étui signé de sa main. »

Un jour, en passant près de Roanne, il tombe amoureux du Château de La Palice et demande à rencontrer le propriétaire, le Comte de Chabannes, à qui il fait une proposition de spectacle qui verra le jour au printemps suivant. 150 figurants, une dizaine de chevaux, c’est un succès fulgurant ! Hélas, un été dramatiquement pluvieux ruinera la formidable aventure de « La mémoire du temps ».

Écrivain, sculpteur, photographe

La crise que subit l’évènementiel et l’envie d’hivers moins rigoureux poussent Jean-François à venir s’installer dans les années 2000 au Pays basque où il se rendait avec ses parents enfant (il a été conçu à Hendaye ajoute-t-il). Il y achète la maison où je l’ai retrouvé à Bustince, petit hameau derrière Saint Jean Pied de Port. C’est un véritable grenier à trésors ! On y déambule au milieu de ses photos, sculptures, livres, bourdons, accessoires et costumes historiques. En effet, infatigable, Il écrit des ouvrages historiques (une douzaine² à son actif), sculpte dans son impressionnant atelier des objets en bois et autres matériaux, prépare une exposition de photos. Il a aussi collaboré avec des centres historiques ou des collectivités locales pour donner une seconde vie aux costumes et accessoires qui lui ont servi pour des tournages de films, spectacles ou pièces de théâtre. Il s’est intéressé au bâton de marche des pèlerins, le bourdon, qu’il a décidé de rééditer³.

©Living Musuem Nantes

On ressort de là enchanté, sans plus très bien savoir l’époque dans laquelle on est, la tête pleine des histoires que ce personnage haut en couleur narre avec panache. Le fil rouge de sa vie si bien remplie demeure sans conteste sa passion pour l’Histoire et les chevaux ! Je lui laisse le mot de la fin :

« Je n’éprouve nulle nostalgie pour ce passé révolu, un temps pour chaque chose. Je m’interdis de me projeter dans l’avenir et m’efforce de vivre le moment présent. »

Écrit par Marie-Hélène

¹Les comédiens rencontrés pendant sa carrière : Marcello Mastroiani, Klaus Kinsky Jeff Golblum, Gérard Depardieu, John Malkovich, Jeremy Irons, Gabriel Byrne, Leonardo Di Caprio, Miguel Bose. Sa plus grande fierté professionnelle : avoir été engagé par Bill Hopes, le plus grand régleur de combats à l’épée de l’histoire du cinéma, aujourd’hui disparu, en compagnie de Jean-Marc Bellu, cascadeur formé dans son équipe vers seize ou dix-sept ans et qui a terminé sa carrière appelé sur un James Bond.
²Si vous souhaitez consulter les livres écrits par JF Demange, c’est ici.
³Si vous souhaitez commander un bourdon traditionnel sur mesure (ancien bâton de pèlerin), c’est ici. Vous devrez choisir le modèle, le bois (chêne, buis, olivier) et les initiales, devises, blasons ou symboles à sculpter. 

 

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2 Commentaires

  1. François

    Bonjour,

    Jean-François un monsieur formidable et plein d’humour que j’ai connu par l’intermédiaire d’un cousin ébéniste, Charly Ravanne, à qui il avait demandé des étals en style médiéval pour le marché de Hendaye, et ensuite pour la fabrication des bourdons de pèlerins, années 1995 ou 96.
    Ce sont toujours aujourd’hui de très bons amis.
    J’ai pu voir également Jean-François lors du tournage du Masque de Fer à La Ferté-Allais, dans un décors de château/douves, un 1er mai 1997. 🙂
    Lors d’une cascade/combat en tant que mousquetaire, contre Depardieu, sa perruque a pris feu, mais cela n’a pas été gardé au montage.

    Réponse

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