Voici le parcours original d’un entrepreneur¹ dans l’âme, un homme au franc-parler, doté d’une grande force vitale, qui a fait des mots oser, construire, se renouveler, rebondir les piliers de son chemin. Il partage ici sa vision de la vie et ses recettes à l’occasion de la sortie de son livre-témoignage OSER² destiné à l’origine à ses quatre enfants.
« J’ai 4 garçons, je suis le père de 3, j’en ai fait 2. Vous avez 1 minute pour trouver. » aime-t-il blaguer.
Monsieur tout tout de suite
Intelligent, impulsif, impatient et irritable, Christian est probablement un HPI, TDAH non diagnostiqué. Il faut dire qu’à sa génération, qui est la mienne, on ne parlait pas encore du trouble déficit de l’attention, ni de haut potentiel intellectuel… Quand je lui demande à quoi ça ressemble d’être ainsi, il répond : « J’ai un cerveau en perpétuelle ébullition qui me fait parfois précipiter les décisions, une sensibilité exacerbée. Pour moi le monde est toujours trop lent ! Même si je sais que l’excès d’idées menace parfois d’étouffer l’essentiel. » Prêt à aller au clash (il avoue prendre ses cliques avant de mettre des claques…), il doit composer avec ses propres fragilités. Il existe chez ce fonceur une belle alchimie entre créativité et rigueur, entre originalité et précision technique.
Être à sa juste place
Pour Christian, aucun doute, les jeunes dans le monde du travail doivent être à leur juste place, c’est-à-dire au plus proche de ce qu’ils sont et de ce qu’ils aiment. Ils doivent développer les fameuses soft skills (intelligence relationnelle, capacité de communication, aptitudes interpersonnelles), être souples et adaptables tels des caméléons. Apprendre la patience. Sans parler de s’engager. Avoir la motivation et la capacité à apprendre. Mais attention, ils ont besoin d’être stimulés et notamment par de bons managers.
Formé pendant 5 ans au début de sa carrière de commercial à l’école Procter à la recherche de l’excellence, Christian se souvient toujours 50 ans après de leur règle d’or : « Si c’était à refaire, que pourrais-je faire soit différemment, soit encore mieux, pour obtenir le meilleur résultat possible. »
Inspirer plutôt qu’imposer
« On manque de bons managers. » dit Christian. Être un bon manager, c’est prouver sa compétence notamment auprès des jeunes, explique-t-il, réorganiser le travail pour s’adapter aux modes de vie d’aujourd’hui, leur faire confiance, déléguer « totalement », recruter cher, parfois hors organigramme quand cela s’impose, supprimer les bullshit jobs, ceux qui ne servent à rien (« Montez sur une balance, et pesez-vous » s’amuse-t-il à dire). Sa règle est d’inspirer plutôt qu’imposer, Christian a toujours privilégié le leadership à l’autorité. Il croit à la persuasion, l’exemplarité.
Ses mantras :
« Tout salarié a le droit à l’erreur, mais pas à la faute, car une faute est une erreur répétée, et on n’a pas le droit de refaire une erreur déjà commise. »
« Si on n’a pas connu d’échec, on manque d’humilité toute sa vie. »
« Comme patron, il faut savoir prendre sa part de responsabilité et ne pas remettre les mauvaises performances sur les autres ; je suis le premier à reconnaitre mes torts. »
Aimer gagner
« Sur dix personnes qui parlent d’entreprendre, une seule devient entrepreneur, les neuf autres abandonnent. » explique Christian. Pour tenter, il faut être casse-cou, avoir de la chance aussi, profiter des opportunités. « La chance, ça se saisit », dit-il, « il y a des trains qui passent, il ne faut pas les rater. » Pour entreprendre il faut aimer gagner, la compétition, comme au sport et au jeu, deux points centraux dans la vie de cet entrepreneur né. Christian fait ce qu’il dit, dit ce qu’il fait, partage le succès lorsqu’il est là avec ses salariés. Pour lui, diriger c’est être responsable de ses actes devant ses patrons, mais pas que, devant ses collègues, ses collaborateurs et ses clients aussi. Christian ne fait jamais de stratégie au bureau, mais en marchant (il a accompagné sa femme sur le Chemin de Compostelle) ou la nuit (il a toujours un carnet et un crayon sur sa table de chevet pour noter les bonnes idées qu’il a avant de se rendormir).
« Il est essentiel pour un chef d’entreprise d’avoir du temps pour saisir les opportunités qui se présentent, de ne pas travailler à plein
temps pour conserver la distance nécessaire pour prendre les bonnes décisions. J’ai toujours rempli mon deuxième mi-temps par des activités, professionnelles ou pas, qui m’épanouissent. »
Vieillir
Là, clairement, ma question l’énerve… « Se calmer à 65 ans, ça veut dire quoi ? Ne plus faire ce que j’aime faire !? » Je comprends que l’idée n’est pas encore à l’ordre du jour. Il avoue ne pas s’entretenir, car il ne fait que ce qu’il aime faire et ne s’épanouit pas en s’occupant de lui, même s’il admet par ailleurs que son corps en aurait besoin.
« À l’aube de la retraite (un mot soyons honnêtes qui lui va encore assez mal), Christian reste en ébullition. Il n’est pas certain qu’il rejoigne un jour la voie de la sagesse et de la sérénité, ni qu’il passe de deux à dix minutes de méditation sans regarder sa montre ou s’endormir. Mais il cultive tout de même une envie de recul, de respiration, de repos… à condition que ça ne dure pas trop longtemps ! » dit de lui sa femme, la sage Emmanuelle.
Je laisse le mot de la fin à Pauline Janin, directrice général de Chiche, start up rachetée par l’infatigable Christian à 63 ans : « Christian est un aventurier professionnel, un audacieux qui décèle les opportunités et les saisit, rencontre les gens et les connecte, sait s’entourer, fédérer, impulser. Rencontrer Christian Barqui, c’est une aventure. » Je partage son opinion !

Écrit par Marie-Hélène
¹Longue carrière dans l’agro-alimentaire en tant que dirigeant chez Bonduelle et Florette, puis entrepreneur avec la création de 4G Vert Désir et le rachat récent de Chiche ! Conférencier, expert à l’APM, consultant, business angel en venture capital et investisseur en private equity.
²OSER. Celui qui marche dans les traces de celui qui le précède n’a jamais aucune chance de le dépasser » de Christian Barqui (LibriSphaera), préface d’Olivier Revol (auteur, pédopsychiatre). Le récit de 40 ans d’une carrière de dirigeant et d’entrepreneur à travers 15 épisodes marquants. Dans chaque chapitre, une recommandation, une citation, un témoignage de ceux qui ont croisé son chemin. Christian précise que c’est écrit par sa propre plume et pas par l’IA !
Vous aimerez aussi
Vous aimerez aussi
Jean-François Demange, le fil de l’Histoire
Photographe, journaliste, cascadeur, comédien, conseiller historique sur des films, metteur en scène de spectacles vivants, concepteur d’évènements, aujourd’hui écrivain, sculpteur et j’en oublie, je vous conte ici le fabuleux destin de Jean-François Demange que je...
David Sabatier, un avocat en cuisine
Tout a commencé par une reconversion inattendue. Avocat pendant une quinzaine d’années, Maître David Sabatier quitte sa robe d’avocat pour enfiler le tablier d’un chef de cuisine en 2018. Un parcours qu’il raconte avec enthousiasme. « Ce fut la meilleure décision de...
Nicolas Froissard, entrepreneur pour un monde plus chouette
Si dans la vie, les gens parlent de manière grandiloquente, avec un vocabulaire compliqué, plein d’emphase, Nicolas Froissard a choisi lui de faire simple et de parler d’un monde plus chouette pour rendre la vie plus facile. À l’opposé de ce qui se passe, pour montrer...
0 commentaires