Démographe, monitrice de ski, femme d’expat, peintre, numérologue, Véronique a vécu, comme certaines d’entre nous, mille vies de femme avant de se retirer dans une ferme perchée dans la montagne, perdue entre Saint Jean Pied de Port et Arnéguy au Pays basque, d’où elle écoute la vie avec philosophie.
« Je passais ma vie à déménager »
Après des études de droit et de démographie à Bordeaux et à Paris, Véronique s’en va au Venezuela en mission démographique et rejoint celui qui deviendra le père de ses enfants, en mission professionnelle lui aussi, la première d’une longue série qui fera de la vie de Véronique celle bien particulière d’une « femme d’expat ». Difficile d’avoir une carrière professionnelle au milieu des déménagements à répétition (« Au début, je pensais que je pourrais trouver du travail, mais ça ne marche pas en fait. »), veiller à l’éducation des enfants qu’il faut parfois même assurer soi-même comme en Inde où elle fait le choix de les inscrire au CNED, vivre dans le cercle social quelque fois un peu restreint des femmes d’expat… Véronique sera finalement comme beaucoup professeur de français à l’Alliance Française du pays qui les accueille. Après le Venezuela, c’est la Grèce, l’Espagne, puis l’Inde (Bangalore), le Qatar (« Après l’Inde, c’est un choc de civilisation, tout l’opposé. ») et enfin Abu Dhabi. Entre deux missions, la famille rentre à Biarritz dont ils ont fait leur port d’attache. Véronique retourne y vivre définitivement à l’année du bac de son fils aîné.
« On ne sait jamais combien de temps on va rester dans le pays dans lequel on arrive et puis, un jour, tout d’un coup, il faut refaire ses malles. On t’impose des amis, un milieu qui ne te correspond pas toujours. »
« J’ouvre les yeux »
À 48 ans, la maladie lui ouvre les yeux. C’est le début d’une prise de conscience. Elle se dit qu’il est temps d’avoir son propre projet de vie maintenant que ses enfants sont partis. Elle change son cercle d’amis, entame un travail de développement personnel. Elle, qui a toujours été une artiste dans l’âme (elle a suivi les cours aux Beaux-Arts quand elle était étudiante à Bordeaux), se remet à la peinture. Au début, ce sont des petits formats figuratifs, puis, lorsqu’elle acquiert de l’assurance, elle passe aux grands formats abstraits. Elle expose sur la côte, à Paris, au Grand Palais, vend ses toiles sous le nom de Soreja.
« La vie s’est organisée pour moi »
Véronique décide un jour de partir à la recherche d’un endroit de vie qui lui correspond. Elle visite une ferme du 19e siècle, bâtie à 550 mètres à flanc de montagne, face aux sommets, au milieu de pâturages, un véritable havre de paix à mi-chemin entre le GR10 et le GR65. Pas une maison en vue, ni de voisins immédiats. Elle a un coup de foudre pour le site ! Zénitude et quiétude assurées, Véronique devient « out of reach » dans tous les sens du terme (chez elle, pas de télévision). Une partie de la maison est aménagée en gîte qu’elle loue à celles et ceux qui veulent s’offrir une déconnexion et sont à la recherche d’un séjour détox au milieu de la nature.
« J’ai toujours eu besoin de me connecter aux rochers pour me régénérer énergétiquement, je me tourne donc naturellement vers la montagne. »
« Les chiffres font partie de ma vie »
D’abord les statistiques, sa formation initiale, pour la valeur des nombres, puis la numérologie pour leur symbolique. 20 ans d’apprentissage et de recherche avant de pouvoir en faire profiter les autres, ce qu’elle fait aujourd’hui. « La numérologie permet de mieux comprendre ceux qui vous entourent. » Cela a aussi été une protection pour elle, grande communicante, qui a toujours recueilli la parole des autres.
Et demain ? « Je vis l’instant présent ! Je prends souvent mes petits-enfants en vacances, ils aiment ma maison dans la montagne, je me dis qu’elle servira peut-être de refuge un jour à la famille. Au cas où… »
Trois questions
- Que vous évoque le mot « vieillir » ? Véronique cite cette phrase qui l’inspire et dont elle ne connait pas l’auteur : « Ne regrettez pas de vieillir, c’est un privilège refusé à beaucoup. »
- Quel livre sur votre table de chevet ? « Dans les pas de Milarépa : De l’Everest au mont Kailash » de Marie José Lamothe. C’est un livre que je lis et que je relis, je ne peux pas lâcher cette petite merveille. Je suis passionnée de récits de voyage.
- Votre rituel bien-être ? « Respiration en cohérence cardiaque, salutation au soleil, rituel des 5 tibétains, exercice de Qi Gong du cœur, méditation heartfulness. »

Écrit par Marie-Hélène
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