C’est l’objectif qu’elle s’est assignée, dénoncer les violences sexuelles dans les zones de conflit, empêcher leur prolifération et soutenir les victimes dans leur reconstruction et leur quête de justice. Et l’Afghanistan fait partie de son combat.
Toutes ces actions en faveur des femmes ne peuvent être menées par une seule personne, d’où la création d’une association « Stand Speak Rise Up » qui pourrait se traduire par « Lève-toi, parle et agis ». Chékéba en est la co-fondatrice avec Maria Teresa de Luxembourg, entourées d’un Conseil d’Administration composé de personnalités internationales comme le médecin gynécologue Denis Mukwege Prix Nobel, souvent appelé « L’homme qui répare les femmes » pour son engagement contre les mutilations génitales pratiquées sur les femmes au centre d’un conflit qui agite la RDC, ou le Professeur Muhammad Yunus, Prix Nobel également, surnommé « Le banquier des pauvres » pour avoir fondé la première institution de microcrédit, la Grameen Bank, ainsi que des Survivantes…
Cette association a pour but de financer des projets à travers le monde visant à la reconstruction et à l’intégration socioéconomique des survivantes et de leurs enfants nés du viol. Mais aussi pour aider ces femmes, dont les vies ont été déchirées par ces atrocités, à retrouver leur dignité et la possibilité de vivre décemment pour se reconstruire et construire une famille avec un accès à l’éducation, au logement, à la santé et à une indépendance financière pour y parvenir.
« Si nous ne pouvons pas arrêter la guerre, empêchons au moins le viol comme arme de guerre » a dit la Grande Duchesse de Luxembourg. « 28 millions de femmes et de petites filles sont emmurées vivantes en Afghanistan, dans un pays à ciel ouvert, face au silence des pays occidentaux » ajoute Chékéba Hachémi.
D’où le sens de l’engagement qui l’anime, elle qui à 11 ans a fui seule l’Afghanistan pour se réfugier en France. Elle consacre maintenant sa vie à l’émancipation des femmes afghanes après avoir été la première diplomate afghane en poste auprès de l’Union européenne en 2002. Mais après la période des Talibans 1 et la période actuelle des Talibans 2, la situation des femmes est encore pire, sans maquillage, sans vêtements apparents, sans avoir le droit de parler dehors ou même de sortir, sans pouvoir chanter… soi-disant pour ne pas tenter les hommes.
Les femmes afghanes, malgré les promesses réitérées du gouvernement en place, sont privées, semble-t-il, de leurs droits civiques les plus élémentaires. « Un apartheid fondé sur le genre plutôt que sur la race » dit l’ONU. À quand un retour à la normalisation ?

Écrit par Vicky Sommet
Pour en savoir plus sur les missions et actions de l’association, le site de Stand Speak Rise Up!
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