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Rencontre avec une exceptionnelle battante, aventurière de l’extrême, championne du monde de sauvetage côtier et de paddleboard, survivante de 4 cancers du sein, aujourd’hui conférencière et entrepreneuse, porteuse d’un véritable message d’optimisme et d’espoir. 

Comment imaginer que celle qui a traversé les océans a grandi loin de la mer, dans les terres, à Grenade-sur-l’Adour dans les Landes… Elle y découvre la natation en piscine inspirée par une amie d’école qui lui parle de sa passion. Après des années de club, elle intègre un cursus sport études à Mont-de-Marsan. Comme beaucoup de Landais, Stéphanie passe son brevet de sécurité et sauvetage aquatique. C’est alors qu’elle entend parler pour la première fois du sauvetage côtier sportif auquel elle se forme pour être encore plus performante.

« Si je ne possède pas de compétences particulièrement remarquables, je me distingue en revanche par un goût immodéré de l’effort et du travail. Ma force, c’est mon mental. »

Grâce à son passé de nageuse, elle entre rapidement en équipe de France de sauvetage côtier. Championnats du monde en 1994, puis en 1996. Déçue par ses résultats, elle part en stage en Australie, un pays où le sauvetage côtier fait partie intégrante de la culture nationale. Les compétitions s’enchainent, une année les championnats du monde, l’autre les championnats d’Europe, puis la Molokai, course hawaïenne de prone paddleboard où elle est la seule femme à prendre le départ. Elle y découvre sa passion pour la course sur longue distance.

En novembre 2004, on lui diagnostique son premier cancer du sein. Elle a 28 ans. Bien décidée à s’attaquer à ce nouvel adversaire, elle entre en traitement, tout en continuant le sport puisqu’elle participe aux championnats du monde de février 2006 en Australie.

« Si je dois mourir, je dois d’abord réaliser mon projet le plus fou, tout faire pour accomplir mon rêve, traverser un océan sur une planche de sauvetage ! »

Commencent alors trois ans de préparation avec deux autres sauveteuses membres de l’équipe de France. Le projet est de rallier Cape Breton au Canada à Capbreton dans les Landes sur une planche de 5 mètres sur 50 cm, en ramant 7 heures par jour sur 4.830 kms. En avril 2009, quelques mois avant le départ de la traversée, on lui diagnostique un deuxième cancer du sein. Elle se fait opérer et prend le départ le 5 juillet 2009 pour 54 jours de course. Enregistrée au Guinness des records, cet exploit demeure inégalé à ce jour !

« Pour affronter la maladie, ne pas la laisser me définir, j’ai ramé et traversé les océans à la force de mes bras, galvanisée par l’envie de vivre et la force de mes coéquipiers. Mes expéditions sont mes bouées de sauvetage. »

En 2014, l’envie d’accomplir un nouvel exploit la taraude. Et le 2 janvier 2015, dans des eaux ne dépassant pas 3° C, Stéphanie accompagnée de deux co-équipières relie en paddle board l’Antarctique Chili au Cap Horn. 1.500 kms en 12 jours. Et en décembre de la même année, on lui diagnostique son troisième cancer du sein, nouvelle opération, nouveau traitement… 

Stéphanie fonde avec Alexandra Le Mouël au retour de son exploit l’association Hope Team East qui a pour but d’accompagner les malades du cancer par le sport et la réalisation d’un défi.

« Je réalise que chacun de mes cancers me rend un peu plus forte et spirituelle. »

En 2018, peu après la naissance de son fils, Stéphanie affronte un quatrième cancer dû cette fois aux radiations qu’elle a reçues et subit une nouvelle opération. Cela ne l’empêche pas de préparer son nouveau défi, la traversée du Pacifique Sud, sur les traces du Kon-Tiki, 8 000 kms de Lima à Moorea.

Après des années de préparation et de courses tests, elles partent en janvier 2023 à six rameuses pour 80 jours d’une traversée mémorable toujours inégalée à ce jour et enregistrée au Guinness des records.

« Nous avons tous des océans à traverser, mais l’issue peut être belle. Nous avons les ressources en nous. Il faut y croire. »

Aujourd’hui, Stéphanie qui vient de fêter ses 50 ans se consacre à son activité professionnelle de chargée de mission pour le Syndicat des Baignades Landaises,  mais aussi aux différentes associations qu’elle parraine ou préside et aux conférences qu’elle aime à donner partout où elle est sollicitée.

Un nouveau défi l’anime cependant, au coeur de la pinède des Landes au bord du Lac de Léon : l’ouverture prochaine d’un écolodge, le Paloma Eco Resort, dédié à la promotion du bien-être physique et mental par la (re)connexion à la nature. Site réhabilité en forêt pédagogique dédiée à la biodiversité landaise, ce sera un concept sans voitures, vivant au rythme des saisons, proposant 60 couchages dans de belles cabanes en bois immergées dans la nature.

Bravo Stéphanie et bonne chance, nous viendrons vous voir, vous êtes la preuve vivante que la vie est un défi et que chacun peut choisir de rendre son parcours exceptionnel !

Stéphanie Barneix
Hope Team East

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2 Commentaires

  1. Henriette Rey

    Une telle joie de te relire chere Marie-Helene, et d être galvanisée par ce témoignage d espérance et de VIE ! Bravo et Merciiii d être là à nouveau !!

    Réponse
  2. Reglade

    Ça laisse pantois !
    Presque difficile à croire…

    Réponse

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