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PAR MARIE-HÉLÈNE :

L’objet du délit
film d’Agnès Jaoui (mai 2026)

Agnès Jaoui surfe avec brio pendant 2h12 sur le très sérieux et difficile sujet des violences et abus faits aux femmes, cette fois dans le milieu de l’opéra. Si on ne voit pas le temps passer, enchantés par la musique des Noces de Figaro sur les répétitions desquelles se joue le film, des préparatifs parisiens, aux représentations puis à la première dans le Sud de la France, ravis des dialogues virevoltants à la Jaoui, on en sort un peu la tête à l’envers sans plus vraiment savoir que penser, la réalisatrice nous perdant sans cesse sur la piste de la nuance et de « tout le monde a ses raisons »… Les combats qu’elle dépeint, ancienne génération vs. la « Gen Z », femmes contre hommes, sont bien réels même s’ils sont parfois croqués de façon un peu simpliste. Un bel exercice de cinéma dédié à Jean-Pierre qui en aurait été fier, une direction d’acteurs incroyable (Jacques Weber, Daniel Auteuil, craquante Claire Chust dans le rôle de Mirabelle, Oussama Kheddam dans le rôle de Samir, Lucie Gallo), un film qui donne à réfléchir sans jamais inciter à choisir son camp.

L’être aimé 
film de Rodrigo Sorogoyen (mai 2026)

Un réalisateur tout puissant tente de renouer avec sa fille actrice débutante en l’engageant pour le rôle principal sur le tournage de son nouveau film aux Canaries (très belles images dans le désert canarien). Le déjeuner, scène d’ouverture du film, tourné en gros plan sur les visages du père et de la fille qui se retrouvent après 13 années de silence, donne le ton en instaurant dès le départ un climat étouffant. Au fur et à mesure du film, on mesure à quel point le père a été défaillant. Le tournage sera le lieu du règlement de compte père-fille où pendant certaines scènes la toute puissance et la masculinité étouffante du père et du réalisateur explosent tant vis-à-vis de sa fille que de l’équipe de tournage. La question est ici posée, comme dans « L’objet du délit » de savoir si on peut supporter tous les abus au nom de l’art, que ce soit au cinéma ou à l’opéra. La réponse apportée sera plus tranchée. Javier Bardem est tout simplement époustouflant !

PAR VICKY :

La force du théâtre

Pièce, texte, décor et comédiens (de la Comédie française), tout est réuni pour un vrai coup de cœur, celui qui vous touche mais vous malmène aussi par la force de son message. Un texte d’Heinrich von Kleist, une traduction de Julien Gracq et Clotilde de Bayser qui est la sagesse incarnée. Presqu’une copie de ce qui se passe dans le monde d’aujourd’hui, une guerre avec des hommes massacrés et des femmes violées. Suite à la destruction de leur clan, les Amazones érigent des lois pour se protéger des hommes et mutilent leur sein droit pour maîtriser leur arc. Lors de la Fêtes des Roses, elles capturent des guerriers pour s’unir à eux en ne laissant la vie qu’aux nourrissons de sexe féminin. Voilà pour la trame de Penthésilée, la Reine des Amazones, qui rencontre Achille dont elle tombe amoureuse au premier regard. Mais ils doivent d’abord lutter l’un contre l’autre pour essayer de ne pas enfreindre leurs lois. D’une part, Penthésilée court à sa perte et d’autre part, Ulysse prie Achille d’arrêter ce combat et de retourner à la guerre de Troie, mais la folie meurtrière de l’une prendra la vie de l’autre et ce n’est pas l’amour qui vaincra mais la violence, témoin de leur dilemme intérieur.

« Penthésilée » au théâtre du Vieux-Colombier jusqu’au 12 juillet.

La Corée du Sud à la une

Tout d’abord, le groupe de K-Pop BTS, ou Bangtan Sonyeondan, l’acronyme de l’expression qui se traduit par « Boy Scouts à l’épreuve des balles », et qui s’explique par la volonté du groupe (3 lettres mais 7 garçons) de faire barrage aux critiques et aux attentes des adolescents comme des balles. Et justement, la Corée du Sud voit son taux de natalité baisser de moitié et donc, s’il y moins d’enfants qui naissent, moins de public pour les concerts ou les achats de disques et moins de talents à repérer pour créer de nouveaux groupes. L’inquiétude en 2026 n’est pas encore réelle, à voir la tournée de BTS avec 50 000 spectateurs dans chaque ville où ils se produisent et la tournée va s’arrêter dans 70 villes à travers le monde et à Paris au Stade de France les 17 et 18 juillet prochain. Avec un plus, leurs concerts sont retransmis en direct dans les cinémas, ce qui donne envie d’acheter leur disque ou de danser dans les salles devant le grand écran, comme je l’ai vu faire samedi dernier par des jeunes filles déchainées, ces fans qu’on appelle les « Army ». La Corée du Sud, c’est aussi la KPop Fashion avec des magasins dédiés, des jupes courtes, des chaussettes hautes et des sweat-shirt oversize. Mais BTS, c’est aussi du sérieux car le pays entier est derrière eux, une manne financière pour le gouvernement, pour le tourisme et pour l’image du pays à travers le monde. Leur agence s’est associée à l’université HanKuk des études étrangères qui produit un cours de langue coréenne à distance en mettant en vedette le boys band phénomène. « Learn Korean with BTS » est aussi distribué dans plusieurs universités aux Etats-Unis, en France, en Égypte et au Vietnam. BTS n’a pas fini de faire la pluie et le beau temps dans la Pop music.

Un demi-siècle de radio

C’est un anniversaire peu commun et un anniversaire, ça se fête ! Sans gâteau ni bougies, mais avec l’édition d’un livre qui regroupe 50 journalistes qui se sont prêtés au jeu, eux qui ont pour habitude de raconter en parlant devant un micro plutôt que d’écrire sur une feuille blanche. Non pas des informations ni des scoops mais des impressions personnelles, des vécus et, au final, des témoignages recueillis pendant leur carrière de journalistes au service de Radio France Internationale, la radio française publique d’actualité mais qui parle aussi en 16 autres langues et diffusée dans une grande partie du monde. Avec les souvenirs de celui qui fait la part belle à des auteurs africains dans le jardin de Jean Vilar à Avignon à celle qui, bien qu’étant iranienne, a dû subir l’ostracisme des Talibans quand l’intervieweuse était une femme, de celle qui a vécu la fin de l’Apartheid quand Nelson Mandela devient le premier Président noir de l’Afrique du Sud à celui qui a eu l’idée de donner la parole à l’antenne aux enfants d’Ingrid Betancourt enlevée par les FARC qui écoutait la radio dans la jungle, seul lien avec le monde extérieur. Histoires drôles ou dramatiques, elles ont l’avantage d’être véridiques et de former le puzzle de cette famille pas comme les autres, celle qui a le monde dans sa poche et le micro pour seul interlocuteur.

RFI en 50 histoires aux éditions KDP Amazon
RFI Infiniment

                               Écrit par Vicky                                                                                              Écrit par Marie-Hélène

                                                                                                                                                                                                                                  

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2 Commentaires

  1. Cerise Sagave-Andre

    Toujours tres interressant et avis pertinents felicitations continuez ainsi
    Bel ete a vous

    Réponse

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