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DES EXPOS
Une femme à la découverte des ailleurs, Ella Maillart

Fascinée par les récits de voyage dans sa jeunesse suisse, elle commence par la voile, le hockey et le ski et participera à la compétition de voile en 1924 aux Jeux Olympiques de Paris. Mais c’est en accomplissant un premier voyage de six mois à Moscou qu’elle sait qu’elle a trouvé sa voie. Suivront le Caucase, le Turkestan et la Chine. Envoyée comme journaliste pour Le Petit Parisien en 1934, elle pénètre en Mandchourie. À Pékin, elle rencontre l’écrivain Peter Fleming et parcourt avec lui, dans  cette région interdite aux étrangers et où sévit une guerre civile, plus de 6000 km de Pékin à l’Inde pendant six mois. Elle s’y installe et y vivra pendant la seconde guerre mondiale jusqu’en 1945. Mais ses voyages l’occupent à plein temps, l’Asie centrale, l’Afghanistan et l’Iran, pour comprendre d’autres modes de vie et toujours en prenant des photos. C’est au travers de l’exposition des clichés de cette voyageuse et écrivaine que nous pouvons voir ce que vivaient ces populations d’Asie entre la soviétisation, la chute du régime impérial en Chine et la création du Mandchoukouo contrôlé par le Japon. Des images à peine croyables de la part d’une femme qui n’a peur de rien et dont les archives sont maintenant inscrites au registre mémoire de l’UNESCO. J’ai été particulièrement et émue et intéressée par une vidéo qu’elle a tournée elle-même et dont elle commente les images. On sent sa curiosité, son intérêt pour les autres et leur vie si éloignée de tout ce que l’on connaissait à l’époque dans les années 30. Historienne malgré elle et témoin de premier plan pour qu’on se souvienne de l’Asie d’avant.

« Ella Maillart. Récits photographiques » – Photo Élysée à Lausanne (Suisse) jusqu’au 27 septembre.

Artiste en grands formats, Françoise Pétrovitch

Artiste plasticienne française, elle travaille le dessin, la peinture, la céramique, la vidéo et la sculpture et a été élue membre de l’Académie des beaux-arts en 2025. Son talent la distingue pour répondre à des commandes de plus en plus originales et surtout en grand format. Témoin à la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson où elle a réalisé une tapisserie en hommage à George Sand dans le cadre des 150 ans de sa disparition, une œuvre intitulée très simplement George. À l’image de la tradition des tapisseries commémoratives, Françoise Pétrovitch s’est appropriée l’écrivaine en s’appuyant à la fois sur sa vie et son œuvre. Ce travail de 23 mètres de long, qui représente 8000 heures de travail, exige du visiteur qu’il déambule le long de la tapisserie et s’en approche pour voir les petits dessins comme les grands sujets qui tous racontent l’histoire de l’écrivaine.

« On doit y trouver les traces de l’héritage qu’a déposé en nous une personne et son œuvre accomplie, si lointaines qu’elles se trouvent dans le passé… c’est ma George Sand. »

Autre commande et autre anniversaire, celui de l’ambassade de France à Washington, pour commémorer le 250ème anniversaire de l’indépendance des États-Unis, qui a voulu, comme un ancien allié, acquérir des peintures de Françoise Pétrovith pour décorer la salle à manger de la Résidence de France. 7 d’entre elles, peintes sur toile et marouflées, ont intégré les lambris existants en représentant des évocations de paysages européens en résonance avec la nature américaine. Nommée French Scenery, elles prolongent les perspectives entre le jardin et l’intérieur de ce lieu de réception.

Hommage à George Sand – Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson, exposition jusqu’au 20 septembre.  

La malle aux trésors

La photographie érigée depuis peu au rang d’expression artistique se déploie d’Europe ou d’Afrique, d’Amérique du Nord ou du continent d’Amérique du Sud, en expositions, rétrospectives et salons internationaux très fréquentés. Elle voit sa cote monter dans les ventes aux enchères et les collectionneurs sont légion un peu partout dans le monde. D’où une première mondiale sous la forme d’une capsule consacrée à la photographie francophone, à l’occasion du bicentenaire de la première photographie existant à ce jour, réalisée par Nicéphore Niépce dans son village de Saint-Loup-de-Varennes et intitulée Le point de vue du Gras. Ce qui va donner lieu à une collecte de photos et d’écrits, du 1er septembre au 31 décembre de cette année, pour répondre à la question « Comment imaginez-vous la photographie en 2039 ? ». Elle se déroulera à la fois par voie postale et à l’occasion d’événements photographiques, à commencer par le Salon Photo & Vidéo à la Villette du 8 au 11 octobre. La malle sera ensuite exposée jusqu’au 28 février 2027 dans différents lieux en région parisienne, avant son départ pour le musée Nicéphore Niépce à Chalon-sur-Saône où elle sera scellée officiellement, exposée au public et conservée durant douze ans. La malle sera rouverte en mars 2039, à l’occasion du bicentenaire du discours de François Arago sur le daguerréotype qui voit la France offrir au monde entier le brevet de la photographie. Et donnera lieu, nous l’espérons, à une exposition publique de tous ces trésors récoltés et cachés.

La malle des bicentenaires

Daniel Brush, l’artiste joaillier

Artiste américain, orfèvre, peintre, sculpteur et ingénieur, c’est en fabriquant sa bague de mariage qu’il s’est initié au monde de la joaillerie. À côté de la peinture qu’il n’a jamais abandonnée, il s’est mis à explorer la représentation des métaux en travaillant l’or, l’acier ou l’aluminium, les pierres précieuse ou la bakélite. Très influencé par les orfèvres de l’Antiquité pour le travail manuel, comme le fait d’appliquer des granules d’or sans soudure ou l’ingénierie, avec la sculpture sur acier, il a avoué être en grande admiration devant le travail de Claude Monet pour son approche de la lumière, en particulier lorsqu’il gravait le métal qui change de couleur selon la diffraction des faisceaux lumineux. Daniel Brush est comme ces artistes de la Renaissance qui touchaient à tout en adoptant différentes formes d’art. C’est son œuvre d’orfèvre qui est porté à notre regard avec l’exposition de ces bijoux d’une très finesse, qui selon lui, ont un rôle à la fois décoratif, émotionnel et servent de talisman dans notre quotidien.

« Le bijou est un moyen de se rapprocher des dieux, une voie permettant aux rêves de s’immiscer dans le grand labyrinthe de nos vies. »

 « Daniel Brush, l’art de la ligne et de la lumière » à l’École des Arts Joailliers, jusqu’au 4 octobre. 16 bis Boulevard Montmartre. 75009 Paris (du mardi au dimanche de 11h00 à 19h00 et l’entrée est gratuite).

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