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UN LIVRE : Une princesse rebelle

Annick Cojean est une journaliste sérieuse et ses interviews sont toujours très documentées. Travaillant pour Le Monde, considéré comme un quotidien plutôt austère et traitant la plupart du temps de politique, d’économie ou de stratégie mondiale, elle a sollicité la princesse Diana et à son grand étonnement, sa demande fut acceptée pour évoquer, non pas ses amours, mais ses engagements, un entretien qui devait figurer dans le cadre d’une série de rencontres avec des personnalités aussi importantes que Yasser Arafat, Mikhaïl Gorbatchev ou Lech Walesa. Nous sommes en août 1997 et Annick la rencontre dans son salon à Kensington Palace pour un échange resté dans les annales journalistiques. Elle fut donc la dernière journaliste à avoir interviewé Diana peu de jours avant sa disparition. Considérée par elle comme l’interview la plus retentissante de sa vie de journaliste, sollicitée ensuite par la plupart des médias britanniques avec les excès qu’on leur connaît, elle ressent encore aujourd’hui l’émotion qui l’a gagnée suite à cette rencontre. Et la voici maintenant en personnage de BD, sous la plume et le crayon de deux auteures à qui elle avait confié son trouble et ses doutes et Diana revit dans les bulles et les textes qui témoignent avec justesse et précision des paroles de la grand reporter qu’est Annick Cojean.

« Diana, Confidences d’une princesse rebelle » de Sophie Couturier et Sandrine Revel aux éditions Steinkis (octobre 2025).

 

UNE EXPO : Les oiseaux du paradis

Des oiseaux enchanteurs, aux plumages colorés, chorégraphes à leurs heures et présents en Nouvelle-Guinée, mais aussi ailleurs sur ce continent océanien si attaché à sa faune naturelle, vecteur de ses traditions. Entre parades nuptiales et métamorphoses colorées, ils sont considérés comme des oiseaux-artistes. Dans les sociétés papoues, ils sont partie prenante des rituels, des cérémonies festives et relient, d’après les croyances locales, les humains à leurs ancêtres. Leurs plumes décorent les parures et les costumes, aussi bien pour les hommes que pour les femmes, et comme elles étaient très appréciées, elles ont vite été assimilées comme des insignes du pouvoir et ont commencé à circuler sur les routes commerciales de l’Asie du Sud-Est jusqu’en Inde ou en Chine. Et même à partir du 16e siècle jusqu’en Europe. D’objets scientifiques, ces plumes sont devenues des accessoires de mode et les élégantes des 19 et 20e siècles qui ne sortaient pas sans chapeau, en ornaient abondamment leurs couvre-chefs à Paris qui comptaient plus de 350 plumassiers.

Et pourtant de là, sont nés les premiers mouvements de protection de la nature et une nouvelle manière de penser notre relation au vivant. De Joséphine Baker qui en portait sur tout son corps, aux maharadjas indiens qui les décoraient de pierres précieuses, les paradisiers avaient quelque chose de surnaturel qui enchantaient ceux qui en possédaient et nourrissaient les imaginaires des peuples de la forêt.

C’est une exposition qui nous en apprend beaucoup sur ce qui est plus qu’un décor ou un ornement, les plumes des oiseaux du paradis nous font voyager comme autrefois les marchands qui suivaient la route de la soie à la recherche du profit mais aussi au partage de leur histoire.

« Plumes du paradis » au Musée du Quai Branly – Jacques Chirac jusqu’au 8 novembre.

UN FILM : Les protégées d’Antonio Vivaldi

Nous sommes au début du 18e siècle à Venise. L’Ospedale della Pietà recueille et forme de jeunes orphelines à la musique. Entre messes et prières, elles se retrouvent au réfectoire pour manger en silence et leur seule distraction est le cours de musique. Donné hier par un vieux professeur, c’est le prêtre-musicien Antonio Vivaldi qui est appelé à la rescousse pour former ces musiciennes amateurs à jouer sur de nouvelles compositions pour plaire à un public toujours plus exigeant. Et ce public reviendra assister à ces concerts, dans l’église de l’hospice, avec des musiciennes cachées derrière une rambarde tout en haut de la nef. Mais, c’est pour elles qui ne sortent jamais, l’occasion de voir du monde derrière les grilles et de se régaler des applaudissements du public. Une des violonistes, Cecilia, sort du lot mais elle doit partir contre son gré pour se marier à un noble vénitien. Elle usera de stratagème pour éviter d’honorer ce contrat et sera la favorite de Vivaldi qui a su reconnaître son talent.

Une histoire qui reflète la réalité de l’époque avec ses excès et ses coutumes dans une Venise riche et où les femmes ne bénéficient d’aucun droit. Accompagné par des œuvres de Vivaldi, musique et chants, le film se déguste comme un café très fort à l’italienne, dans une ville déserte qui n’a rien à voir avec la Venise d’aujourd’hui remplie de touristes. Un moment musical très agréable, que je peux raccrocher à une autre œuvre qui plonge le spectateur dans la musique en train de se faire, avec « Nous, l’orchestre », un documentaire sur les musiciens et le chef d’orchestre de l’Orchestre de Paris.

« Vivaldi et moi » un film italien de Damiano Michieletto (sorti en salle 29 avril 2026).

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