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UNE VISITE
Pétroleuse avant la lettre

Anne-Louise-Germaine Necker, connue sous le nom de Madame de Staël, est une romancière, épistolière et philosophe genevoise et française, fille du ministre des finances de Louis XVI, Jacques Necker. Après s’être séparée de son mari, elle mènera une vie sentimentale agitée et en particulier une relation orageuse avec Benjamin Constant, écrivain et homme politique franco-vaudois. Favorable à la Révolution française et aux idéaux de 1789, elle prône l’idée d’une monarchie constitutionnelle et se voit considérée comme une opposante gênante par les maîtres de la révolution puis sera interdite de séjour sur le sol français par Napoléon Bonaparte qui la considère comme un obstacle à sa politique. Elle s’installe alors en Suisse dans le château familial de Coppet qui sert de lieu principal de rencontres d’intellectuels comme Chateaubriand, Juliette Récamier ou Voltaire. Ce château, qui appartient toujours aux descendants de la famille, est ouvert au public en proposant une visite guidée qui donne l’occasion d’approcher au plus près la vie de cette femme aux idées politiques très arrêtées, à la fois mère et maîtresse, féministe et à l’origine de salons où l’on discutait de de l’Europe à construire. Chaque pièce de cette demeure raconte sa vie en Suisse avant qu’elle ne regagne Paris, une fois autorisée à parler du grand sujet de sa vie, la politique.

©ChateaudeCoppetWikipedia

Château de Coppet, 2 rue de la Gare à Coppet, entre Genève et Lausanne, à rejoindre en bateau sur le lac Léman ou en train en descendant à la gare de Coppet. Visites guidées de 14h00 à 18h00 du mardi au dimanche.

UN FILM
Ulysse a fait un beau voyage

Cette histoire ne vous est pas étrangère, même si elle vous ramène quelques années en arrière au temps de vos études au lycée. C’est celle racontée par le film où l’on se précipite pour profiter de la climatisation et pour être un de ces milliers de spectateurs à travers le monde qui vont suivre les dix années d’errance d’Ulysse dans sa légendaire Odyssée. Légende il est vrai, puisqu’il y rencontrera Éole et ses vents contraires, Circé qui transforment les hommes en porc, les sirènes qui ensorcèlent ceux qui ne savent pas résister à leurs chants ou le monstre à six têtes qui les attend de pied ferme entre Charybde et Scylla. Avec en toile de fond, la belle et fidèle Pénélope qui défait chaque nuit la toile qu’elle a tissée pour décourager ses prétendants. Tourné entre la Sicile, le Maroc, l’Islande et la Tunisie, avec des comédiens très Hollywood, je dirais que ce n’est pas un blockbuster à l’américaine mais une histoire racontée par un cinéaste anglais Christopher Nolan d’après des faits réels ou une épopée entièrement imaginée par Homère. Quand le mot fin s’inscrira sur l’écran, peut-être aurez-vous la réponse qui vous taraude, Homère a-t-il vraiment existé et le beau voyage n’était-il pas en réalité une galère ?

L’Odyssée de Christopher Nolan en salles depuis le 15 juillet 2026 avec Matt Damon, Tom Holland, Anne Hathaway, Charlize Theron.

UNE EXPO
Robert Capa et le photojournalisme

À l’heure où les deux volets des films consacrés au Général de Gaulle sont à l’affiche, la  guerre de 39-45 est à nouveau au centre des conversations entre des jeunes et leurs ainés. Et un nom revient souvent lorsqu’on évoque les photos de cette époque et, en particulier, celles prises lors du débarquement des alliés en 1944 ou, juste après, celles de la Libération de Paris en août de cette année-là prises par Robert Capa. Car quel est le rôle du photojournaliste ? C’est de capter à un moment précis un événement qui se déroule devant lui et qu’il  doit, parce qu’il le sait ou qu’il le sent, être le reflet exact de ce que son œil a perçu et éclairera d’un instant de vérité ceux qui regarderont ses images. C’est un métier à risque, du moins tel que Robert Capa l’avait exercé, et une profession où l’authenticité est exigée pour être crédible dans ses choix de sujets à traiter. Est-ce peut-être pour cela que ce photographe hongrois est devenu plus Américain que les Américains eux-mêmes, buveur,  joueur, séducteur et se jouant du danger quand il devait lui faire face. Photographe de guerre et témoin engagé, il nous a quittés en sautant sur une mine en Indochine à l’âge de 40 ans. À voir les photos célèbres du fondateur de l’agence Magnum pour certaines entrées dans l’Histoire dans le cadre d’une exposition parisienne.

« Robert Capa. Photographe de guerre », Musée de la Libération de Paris, place Denfert-Rochereau. 75014 – Paris, jusqu’au 20 décembre.

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