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UNE EXPO À l’instar du film sur les écrans intitulé « Victor comme tout le monde » qui retrace la vie d’un comédien amoureux des mots de Victor-Hugo, tout en laissant apparaître une mélancolie due à une vie solitaire, le grand écrivain qu’était Victor-Hugo est aussi à l’affiche pour ses propres créations. Romancier, poète, dramaturge, dessinateur, il savait montrer ses talents d’une autre manière dans un métier où on ne l’attendait pas, architecte d’intérieur. Ne disait-il pas en parlant de lui-même « J’étais né pour être décorateur ». Il a pu exercer cette passion lors de ses nombreux déménagements et au final dans sa maison d’exil sur l’ile de Guernesey où il vécut 14 ans. Mais aussi à Paris où il a, de ses propres mains, construit une maison de poupée pour sa fille Léopoldine ou des jouets en carton pour son fils François-Victor. Il s’intéressait à la mise en place d’une scénographie pour mettre en valeur tous les objets qu’il collectionnait, tels des meubles qu’il retravaillait et sculptait ou des paravents asiatiques qu’il installait un peu partout dans ses maisons. Une exposition dans son appartement parisien devenu musée dans l’ancien hôtel Rohan-Guéméné retrace sa créativité et suscite notre admiration.

 « Hugo décorateur » à la Maison de Victor-Hugo à Paris jusqu’au 26 avril.

Vicky Sommet

©Expo Hugo décorateur Paris 2026

UN COURT-MÉTRAGE : « Au bain des dames », réalisé par Margaux Fournier (juin 2025, 30 minutes) et primé par le César 2026 du meilleur court-métrage documentaire. Une petite plage marseillaise du lever jusqu’au coucher du soleil, un groupe de femmes septuagénaires aux tenues colorées et à motif léopard, accompagnées de leur parasol, de leur chien et de leur pique-nique : voici le décor dans lequel la réalisatrice nous plonge durant une vingtaine de minutes. Leurs corps, aux seins nus et peaux tannées, sont sublimés par la caméra, mettant en lumière la beauté du corps féminin, quel que soit son âge. Bercés par leurs accents chantants et leur franc-parler, vous suivrez leurs conversations décomplexées et sans tabou sur leur vie sentimentale, leur sexualité, leur rapport au corps, toujours ponctuées par de la légèreté et des sourires aux lèvres quel que soit le sujet abordé. Ce court-métrage, loin de n’être qu’une scène de vie banale témoignant de la profonde complicité liant ces femmes, est une véritable ode à la liberté féminine. « Au bain des dames » est disponible gratuitement sur la plateforme FranceTV jusqu’au 12 juin. Pour un bain de joyeuse simplicité et de profonde liberté avant les beaux jours, foncez !

Roxane Jonemann
©Au bain des dames

UN LIVRE « La voie » de Gabriel Tallent (2026). Fascinée à la sortie de son premier roman en 2017, My absolute darling, par les aventures de Turtle, jeune fille de 14 ans vivant dans les bois en Californie avec un père charismatique et abusif, je ne pouvais que lire le deuxième livre du talentueux jeune auteur américain, Gabriel Tallent. Ici aussi l’histoire d’une belle amitié entre deux adolescents inséparables Dan et Tamma dans le désert du Mojave, tous deux passionnés d’escalade (comme l’est l’auteur) et prêts à tout sacrifier en cette dernière année de lycée pour s’adonner à leur passion et assouvir leur soif de liberté.  Tout pourtant devrait séparer ces deux-là, leurs caractères, leur milieu social,  leurs talents, leurs perspectives d’avenir, mais c’est sans compter avec cette passion qui les brûle et les emmène chaque nuit risquer leur vie en escaladant les rochers du désert mais surtout cette amitié plus forte que tout. Rester fidèle à soi-même ou céder aux exigences de la société, voilà le choix qui se profile, inévitable, dans ce livre foisonnant et nous parle du nôtre. Faut-il (peut-on) tout risquer pour changer sa vie ? 

Marie-Hélène Cossé

 

THÉÂTRE Paris recèle de nombreux trésors architecturaux ou patrimoniaux, souvent cachés à l’intérieur des cours d’immeuble. Si hier, on pouvait pousser la porte facilement pour entrer, aujourd’hui pour éviter les intrus, un voire deux codes interdisent de pénétrer si on n’est pas résident de l’immeuble. Alors, quand on m’a parlé d’un petit théâtre caché dans une petite cour, ma curiosité a été éveillée. Et lorsque pour fêter l’équinoxe, quand la nuit égale le jour, des musiciens, chanteurs, danseurs et comédiens ont envahi ce théâtre, un ancien atelier de menuiserie, nous avons à notre tour pénétré dans ce lieu improbable dont aucun panneau n’indique la présence dans cette rue très commerçante et très fréquentée. Au plaisir de la découverte, s’est ajouté le plaisir de satisfaire sa curiosité. Un décor en carton comme autrefois pour les scènes d’opéra, une scène haute et profonde, un grand plafond dont on a remplacé la verrière par des poutres et un sol en bois. Un peu comme les théâtres itinérants d’autrefois, nous avons installé des chaises et des tabourets tout autour et le public très nombreux a fini par s’asseoir par terre. Une soirée étrange et chaleureuse avec une programmation éclectique et un chapeau à l’entrée pour déposer un billet … selon votre bon vouloir.

Bravo à ceux qui pensent que Paris peut encore surprendre ceux qui aiment le spectacle vivant !

Vicky Sommet

La Matrice, 11 rue des Martyrs, 75009 Paris, musicmatrice@gmail.com.

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