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UN LIVRE “La Bonne Mère” de Mathilda Di Matteo (éditions de l’Iconoclaste, août 2025), un premier roman au style enlevé, lumineux et touchant. D’un côté la mère, pure cagole marseillaise aux ongles roses, shorts trop courts, cheveux peroxydés, des copines de plage tout aussi voyantes. De l’autre, sa fille unique, rangée, intello, solitaire, aussi brune et angoissée que l’aînée est blonde et solaire. Le point de départ du roman est la rencontre de la jeune fille avec ce que sa mère appelle son « girafon », prof à Sciences Po, un pur produit bourgeois catho de droite. Les chapitres se suivent, écrits à tour de rôle de la main de la mère et de la fille. Ce n’est pas tant le choc des cultures et des milieux si bien raconté dans le livre qui interpelle (comment être une bonne mère quand sa fille vous échappe, comment être une bonne fille quand sa mère vous fait honte, comment s’affranchir de son milieu d’origine), que l’histoire de la violence dont on hérite et qu’on laisse reproduire malgré soi et celle d’un amour inextinguible entre mère et fille qui finiront par se réconcilier sur fond de prise de conscience féministe conduisant chacune à changer de vie. Un livre à dévorer !

Marie-Hélène Cossé

©La bonne mère couverture du livre

UN CONCERT « Soul tour » Quand Michel Jonasz revient sur scène et revisite son répertoire pour une tournée Soul et R&B avec des musiciens talentueux dont Manu Katché et Jean-Yves d’Angelo (merveilleux piano-voix en fin de concert). Une qualité sonore remarquable et une mise en lumière incroyable (bravo Jimmy Thavot pour ce travail d’éclairage digne d’un magicien !) qui font de ce spectacle un moment hors du temps où l’artiste de 78 ans invite son public à un voyage musical chargé d’émotion, de souvenirs et de groove. En tournée jusqu’au 4 avril.

Marie-Hélène Cossé

©Soul Tour affiche de la tournée

UNE SÉRIE « Le diplôme » de Vianney Lebasque, Philippe Lefebvre (2025, à voir sur TF1 depuis le 17 janvier 2026) avec Clémentine Célarié, Bernard Campan, Camille Lellouche. Est-ce si important d’avoir le bac ? Sam 66 ans, Delphine 60 ans, Leïla 39 ans, Jen 21 ans, suivent des cours du soir pour obtenir le précieux sésame. L’une, bourgeoise aisée mariée à 17 ans, vit sous l’emprise d’un mari violent (inquiétant Charles Berling), une autre victime de harcèlement au lycée a décroché, souffrant depuis lors de crises d’anxiété terribles, un autre réfugié syrien médecin doit repasser tous ses diplômes pour pouvoir exercer en France, un autre encore veuf, solitaire (merveilleusement joué par Bernard Campan) veut prouver à son père qu’il peut avoir son diplôme avant de mourir, une mère de famille de 3 enfants, VTC dans la journée et débordée, voudrait changer de vie, Pierre en liberté conditionnelle souhaite récupérer la garde de sa fille. Tous ces personnages sont attachants, le casting excellent ! La série est gaie, enlevée, bien écrite et pleine de rebondissements. 4 épisodes de 51 minutes en ligne. Prix 2025 de la meilleure comédie dramatique et de la meilleure interprète féminine lors du Festival de la fiction TV de La Rochelle.

Marie-Hélène Cossé

©Le diplôme TF1

DEUX FILMS « Les Échos du passé » de Mascha Schilinski (janvier 2026, 2h29). Une fresque dérangeante mêlant sensualité et tragédie. Les destins se chevauchant sur un siècle à partir de 1910 de quatre femmes vivant dans la même ferme allemande qui se transforme au fil des années. Des récits souvent tristes et tragiques, parfois gais, des vies ordinaires vues à la loupe, des images, , des sensations, des sons (des grésillements, des grondements, des bruits d’eau, de chutes, des clics). 2h30 d’une caméra lente et âpre. On hésite sans cesse entre trouver ça beau ou bien morbide. Entre se laisser porter par les images, le mouvement, la bande-son minimaliste ou au contraire trouver ça trop long et rêver de voir le mot fin apparaître au générique…

Marie-Hélène Cossé

©Les Echos du passé affiche cinéma

« Eleonora Duse » de Pietro Marcello avec Valeria Bruni Tedeschi (2025, 2h02). Si nous avons dans notre histoire du théâtre français une autre Divine, Sarah Bernhardt appelé « La voix d’or », l’Italie n’a rien à nous envier. Née à la fin du 19ème siècle, Eleonora a été une comédienne adulée, considérée parfois comme la plus grande de son époque. Sa rivale était notre Sarah, mais La Duse lui vouait une grande admiration. Une image pourtant un peu ternie car elle fut instrumentalisée par le fascisme qui régnait en Italie, entre Benito Mussolini et l’écrivain Gabriele d’Annunzio qui fut son amant bien que marié.

C’est cette histoire ou ce biopic, comme on dit aujourd‘hui, qui est le sujet du film qui porte le nom de la comédienne, réalisé par Pietro Marcello et interprété par une Valeria Bruni Tedeschi, formidable de bout en bout, qui interroge le rapport des artistes au pouvoir. Elle est de tous les plans, adulée et aimée, mais aussi crainte et servile, juste pénétrée entièrement par son art. Au point d’avoir délaissé sa fille et de ne vivre qu’entourée d’admirateurs à sa botte.

Ce film mélange le travail de comédiens de premier plan qui nous font entrer dans l’intimité de l’artiste et de documentaires d’époque, nous tient en haleine malgré la longueur, une manie qu’ont les cinéastes d’aujourd’hui qui ne savent souvent pas mettre le mot Fin à leur travail.

 Vicky Sommet

©Affiche Eleonora Duse

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